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DOSSIER RELÈVE - En assurance comme dans l'ensemble du marché du travail, les employeurs devront changer d'approche s'ils souhaitent attirer chez eux les rares candidats qui quittent les bancs d'écoles.



Les assureurs doivent adopter une approche adaptée aux membres de la jeune génération s'ils souhaitent réussir à les attirer chez eux. Les jeunes travailleurs ne s'identifient plus aux mêmes valeurs que les baby-boomers qui les ont précédés et les patrons doivent changer leurs façons de gérer le personnel, explique Gilles Bernier, titulaire de la Chaire d'assurance et de services financiers l'Industrielle Alliance de Université Laval.

« Ce ne sont pas toutes les institutions qui sont aux mêmes niveaux, souligne-t-il. Il y a beaucoup de façons de faire qui collent davantage aux baby-boomers. On n'attire plus les gens en leur disant que s'ils travaillent fort, ils vont réussir et faire un bon revenu. »

Il ajoute que les jeunes travailleurs ont besoin de s'intégrer dans une équipe où ils aideront à atteindre un objectif commun et se sentiront utiles : « La paye à elle-seule ne mobilise plus nécessairement la relève. » Afin d'aider les assureurs à s'adapter, la Chaire offre d'ailleurs un programme de formation continue aux gestionnaires du milieu qui aborde notamment la question des employés de la jeune génération.

C'est un son de cloche que partage Mathieu Brunet, président de l'Association de la relève en assurance du Québec (ARAQ) : « Nous ne voyons plus le travail comme nos ainés et nous ne sommes pas prêts à travailler six jours sur sept, douze heures par jour. Beaucoup visent l'équilibre famille-travail et, à l'opposé, il y a aussi des jeunes extrêmement motivés qui veulent progresser vite. Il est important que les assureurs leur fassent une place au lieu de les restreindre. »

Afin, entre autres, de trouver une solution au problème de la relève en assurance, onze assureurs de Québec se sont réunis pour former le groupe Puissance Onze. L'organisme est très actif pour encourager les jeunes diplômés en finance, mais également en informatique, en comptabilité, en actuariat et en marketing, à s'intéresser aux assureurs.

« Ça prend beaucoup de monde pour faire fonctionner une compagnie d'assurance, indique Gilles Juneau, directeur-général de Puissance onze. Nous faisons beaucoup d'efforts pour faire comprendre aux gens de la région de Québec qu'ils ont une industrie très importante d'assurance chez eux. Maintenant, les finissants regardent les grandes entreprises, la fonction publique et parapublique, mais aussi les assureurs. »

Depuis trois ans, Puissance Onze offre aussi un programme de stages dans pour permettre aux étudiants de voir, de l'intérieur, comment fonctionne un assureur. « Nous avons eu d'excellents résultats avec ce programme qui a permis plusieurs embauches », souligne Gilles Juneau.

Demain, lisez les témoignages de membres de la relève en assurance.

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