Assurance

Le paradoxe de la relève en assurance

par Léonie Laflamme Savoie 13.05.2011 - 09:44
Bloomberg

DOSSIER RELÈVE – Même s'ils manquent de relève, certains assureurs sont réticents à engager des candidats à leur sortie de l'école, affirment plusieurs jeunes qui commencent dans le domaine.


« Je connais quelqu'un qui avait gradué avec de bonnes notes et qui avait même reçu un prix pour sa performance scolaire, explique Mathieu Brunet, président de l'Association de la relève en assurance du Québec (ARAQ). Pourtant, elle a dû chercher durant plusieurs mois avant de trouver un poste. »

Certaines entreprises auraient des craintes face à l'embauche d'un finissant du collégial ou de l'université. Elles préféreraient recruter des candidats avec trois à cinq ans d'expérience chez le concurrent au lieu de prendre un diplômé frais sorti de l'école et de devoir consacrer du temps et de l'argent à sa formation.

« Ils vont laisser attendre des diplômés qui ne comprennent pas pourquoi ils ne se trouvent pas d'emploi dans un secteur où la relève manque pourtant cruellement, ajoute Mathieu Brunet, 25 ans. Ils préfèrent recruter dans d'autres entreprises au lieu de faire confiance aux diplômés. »

Certains assureurs « dorment au gaz », selon David Blondeau, jeune représentant en épargne collective rattaché à Mica Capital : « J'ai référé un ami qui est excellent en bourses, pour qu'il fasse un stage dans une grande compagnie d'assurance et ça n'a pas fonctionné. Il y a décidément des secteurs de l'industrie, notamment en assurance de dommages, qui sont plus accueillants pour la relève. »

En voie de terminer un baccalauréat en finance, David Blondeau, 25 ans, a choisi de devenir son propre patron en se dirigeant vers le courtage : « Je voulais me bâtir une clientèle à moi et ainsi bâtir ma crédibilité, indique celui qui espère prendre un jour la relève de son père qui travaille aussi dans le secteur. Ce que j'aimais du courtage, c'était vraiment l'idée d'avoir à trouver le meilleur produit pour le client. Un défi qui n'est pas toujours là lorsqu'on est captif. »

Bâtir sa crédibilité et sa clientèle demeure d'ailleurs le défi le plus important pour ces jeunes entrepreneurs qui commencent dans le secteur du courtage : « À 22 ans, même si on porte un veston cravate, on n'inspire pas nécessairement confiance surtout avec les scandales des dernières années, rappelle Stéphane Pelletier, 22 ans, détenteur d'un baccalauréat en finances de l'Université Laval. Or, ma rémunération dépend aussi des références que mes clients me donnent par confiance, j'ai donc intérêt à être crédible. »

Également intéressé à se lancer à son compte, Stéphane Pelletier a choisi SFL pour commencer sa carrière. Les opportunités de formation et le programme d'aide à l'achat de clientèle ont notamment motivé son choix : « C'était certain que je voulais être mon propre patron parce que j'ai déjà eu ma propre entreprise, mais je ne tourne pas nécessairement le dos aux institutions financières si un jour j'ai besoin de stabilité ou si je découvre que j'ai trop de pression sur les épaules. »

 

Photo Bloomberg

Le paradoxe de la relève en assurance

par Léonie Laflamme Savoie 13.05.2011 - 09:44
Bloomberg

DOSSIER RELÈVE – Même s'ils manquent de relève, certains assureurs sont réticents à engager des candidats à leur sortie de l'école, affirment plusieurs jeunes qui commencent dans le domaine.


« Je connais quelqu'un qui avait gradué avec de bonnes notes et qui avait même reçu un prix pour sa performance scolaire, explique Mathieu Brunet, président de l'Association de la relève en assurance du Québec (ARAQ). Pourtant, elle a dû chercher durant plusieurs mois avant de trouver un poste. »

Certaines entreprises auraient des craintes face à l'embauche d'un finissant du collégial ou de l'université. Elles préféreraient recruter des candidats avec trois à cinq ans d'expérience chez le concurrent au lieu de prendre un diplômé frais sorti de l'école et de devoir consacrer du temps et de l'argent à sa formation.

« Ils vont laisser attendre des diplômés qui ne comprennent pas pourquoi ils ne se trouvent pas d'emploi dans un secteur où la relève manque pourtant cruellement, ajoute Mathieu Brunet, 25 ans. Ils préfèrent recruter dans d'autres entreprises au lieu de faire confiance aux diplômés. »

Certains assureurs « dorment au gaz », selon David Blondeau, jeune représentant en épargne collective rattaché à Mica Capital : « J'ai référé un ami qui est excellent en bourses, pour qu'il fasse un stage dans une grande compagnie d'assurance et ça n'a pas fonctionné. Il y a décidément des secteurs de l'industrie, notamment en assurance de dommages, qui sont plus accueillants pour la relève. »

En voie de terminer un baccalauréat en finance, David Blondeau, 25 ans, a choisi de devenir son propre patron en se dirigeant vers le courtage : « Je voulais me bâtir une clientèle à moi et ainsi bâtir ma crédibilité, indique celui qui espère prendre un jour la relève de son père qui travaille aussi dans le secteur. Ce que j'aimais du courtage, c'était vraiment l'idée d'avoir à trouver le meilleur produit pour le client. Un défi qui n'est pas toujours là lorsqu'on est captif. »

Bâtir sa crédibilité et sa clientèle demeure d'ailleurs le défi le plus important pour ces jeunes entrepreneurs qui commencent dans le secteur du courtage : « À 22 ans, même si on porte un veston cravate, on n'inspire pas nécessairement confiance surtout avec les scandales des dernières années, rappelle Stéphane Pelletier, 22 ans, détenteur d'un baccalauréat en finances de l'Université Laval. Or, ma rémunération dépend aussi des références que mes clients me donnent par confiance, j'ai donc intérêt à être crédible. »

Également intéressé à se lancer à son compte, Stéphane Pelletier a choisi SFL pour commencer sa carrière. Les opportunités de formation et le programme d'aide à l'achat de clientèle ont notamment motivé son choix : « C'était certain que je voulais être mon propre patron parce que j'ai déjà eu ma propre entreprise, mais je ne tourne pas nécessairement le dos aux institutions financières si un jour j'ai besoin de stabilité ou si je découvre que j'ai trop de pression sur les épaules. »

 

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