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Noah Blackstein est un gestionnaire de croissance à haute conviction, qui construit des portefeuilles concentrés et ne prête aucune attention aux pondérations de l’indice.


Il n'est donc pas surprenant que la Catégorie Croissance mondiale Power Dynamique qu'il gère ait plus de 60 % d'investis dans les actions technologiques. Mais ce qui distingue ce fonds des autres est sa lourde pondération (40 %) dans les actions chinoises.

« Toute concentration ou absence de concentration géographique ou sectorielle, explique-t-il, est l'effet résiduel du processus ascendant. J'essaie de trouver 20 ou 30 sociétés parmi celles qui ont la croissance la plus rapide et dotées du meilleur potentiel où qu'elles se trouvent dans le monde », dit le vice-président et gestionnaire de portefeuille de la société torontoise Gestion d'actifs 1832, qui gère la famille de fonds Dynamique.

Noah Blackstein investit en Chine depuis plus d'une douzaine d'années. « À ce moment-là, j'étais une des seules personnes qui avaient pris des participations aux sociétés technologiques chinoises, dit-il. Ces six ou sept dernières années, les occasions de placement ont évolué, passant des premières sociétés de jeux de hasard en ligne à d'autres types de compagnies.

Il voit un potentiel de croissance constant dans l'industrie du jeu. Un de ses 10 premiers avoirs est Tencent Holdings, une société de services Internet. Dans les nouveaux secteurs technologiques dans lesquels il a investi, il y a des sociétés comme la compagnie de commerce en ligne et mobile Alibaba Group Holding, « l'Amazon.com » chinoise. Un autre avoir principal est Weibo Corp., une société de contenu Internet, « une sorte de Twitter chinoise ».

L'avoir principal du fonds, TAL Education Group, est un exemple classique de produit chinois de tutorat scolaire après l'école, ciblant les enfants de moins de 12 ans. « C'est un produit axé sur la technologie, dit Noah Blackstein, dont les enseignants utilisent la reconnaissance faciale par l'intelligence artificielle pour promouvoir l'éducation. »

La demande des services de TAL est dictée par l'innovation informatique, la poursuite des tendances démographiques et la concurrence persistante entre étudiants pour accéder aux meilleures universités. Selon lui, les ressources publiques d'éducation scolaire en Chine sont très mauvaises. « C'est une très grande population pour un marché de l'éducation après l'école, qui va croître de plus de 20 % en Chine. »

Un autre secteur axé sur la technologie en Chine où Noah Blackstein a trouvé des occasions de croissance est le commerce de détail en ligne. Selon lui, les ventes au détail en Chine représentent près de 85 % de ce qu'elles sont aux États-Unis, avec beaucoup de possibilités de croissance. Quant à la publicité, la taille du marché chinois n'est qu'environ le tiers de celle des États-Unis, dit Noah Blackstein, qui voit là aussi un potentiel de croissance.

Dans l'ensemble, « je pense que les sociétés chinoises ont entamé une évolution qui dans certains domaines peut dominer le commerce mondial », dit-il. Il s'agit notamment de l'intelligence artificielle, de la logistique et de la livraison, et des véhicules autonomes sans conducteurs.

Les sociétés de technologie financière en Chine sont une autre source de croissance robuste. Que l'on parle de la possibilité d'élaborer un système de paiements par des programmes comme « WeChat », d'un logiciel d'application en ligne des médias sociaux, d'un produit Tencent ou d'un produits Alibaba comparable, dit Noah Blackstein, « ce sont des entreprises assez sérieuses. La propension qu'ont les Chinois à utiliser des systèmes de paiement en ligne pour tout acheter est extraordinaire ».

Il y a aussi d'autres tendances, comme le passage à l'informatique en nuage. Selon lui, les sociétés chinoises commencent leur déploiement. « Ce sera peut-être un produit intérieur à la Chine, mais il n'en demeure pas moins une énorme occasion de faire ce qu'Amazon et d'autres ont construit dans le nuage aux États-Unis. »

Le processus de placement de Noah Blackstein commence par un tri quantitatif des sociétés mondiales dont les revenus ou les bénéfices croissent de 17 % à 18 ou plus. Cette recherche est habituellement centrée sur les sociétés de moyenne à grande capitalisations (5 milliards $ ou plus) de façon à limiter les choix de cet immense univers.

Une fois que cette liste a été arrêtée, le processus de recherche suit fondamentalement les principes de la diligence raisonnable et de l'analyse qualitative. Noah Blackstein accorde sa préférence aux sociétés à croissance durable dotées d'un potentiel de croissance future. « Je ne regarde pas les indices et les points de repère », dit-il. Quant à son style de placement, « je me situe probablement très loin des sentiers battus en termes de croissance ».

Bien qu'il évalue les sociétés sur une perspective de cinq ans, il n'investit pas sur le long terme. Si l'action monte et que « son prix actuel reflète des lendemains qui chantent, dit-il, ou si j'ai eu complètement tort, le moment est venu d'abandonner cette position ».

Selon Noah Blackstein, il faut mieux fixer la définition de ce qu'est en réalité la technologie. « On met tout dans le même panier, mais la plupart des gens achètent aujourd'hui leurs billets d'avion en ligne, alors est-ce qu'il s'agit d'une société technologique ou appartient-elle au secteur de la consommation discrétionnaire? »

L'espace technologique est beaucoup plus divers qu'il ne l'était auparavant. Pourtant, ce sont les occasions individuelles et propres à chaque action qui intéressent Noah Blackstein, comme par exemple essayer de trouver le prochain Facebook.

La Catégorie Croissance mondiale Power Dynamique, cotée 4 étoiles Morningstar, se comporte très bien depuis l'arrivée de Noah Blackstein à sa tête, mais il rappelle aux investisseurs que les marchés sont sujets à la volatilité et aux baisses.

« Si vous êtes investi dans les actions, il vous faut penser à long terme (10 ans) et il faut examiner la volatilité d'un titre sur 10 ans, dit-il. Et s'il y a des baisses de 3 % ou 5 % et que vous ne pouvez pas le supporter (et je ne parle même pas de mon fonds), vous ne devriez pas investir dans la bourse du tout. »