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Depuis une dizaine d’années, l’environnement du marché à revenu fixe a été particulièrement difficile.



De nouvelles règles de capital instaurées après la crise de 2008-2009 font en sorte que détenir de gros inventaires coûte plus cher aux courtiers. « Il y a donc une rareté dans l'offre de produits qui a notamment contribué à resserrer les écarts de crédit », souligne le gestionnaire de portefeuille et stratégiste FNB de BMO Gestion d'actifs, Alfred Lee.

Autre constat : le changement dans la duration et la composition de l'indice obligataire universel FTSE/TMX Canada. « Depuis 20 ans, sa duration est passée de quatre années et demie à plus de sept ans », souligne Alfred Lee. Ceci s'explique par la baisse continue des taux d'intérêt et le souhait de nombreux émetteurs d'emprunter à plus long terme. « Cet allongement de la duration a rendu le marché obligataire plus risqué et les rendements plus volatils, alors que la clientèle des conseillers est vieillissante et même à la retraite », ajoute le spécialiste de BMO.

Il faut comprendre que plus la durée d'une obligation est longue, plus cette dernière sera sensible à un mouvement des taux d'intérêt. Ainsi, une hausse de 1 point de pourcentage des rendements d'une obligation ayant une durée de sept ans entraînera une chute des rendements équivalente, soit de 7 %. Reproduire un indice obligataire universel comme le FTSE/TMX peut donc se révéler un jeu dangereux de nos jours si une hausse rapide des taux d'intérêt survient.

Par ailleurs, la composition de cet indice universel a aussi beaucoup changé avec les ans. « Au début des années 2000, 52 % de l'indice était constitué d'obligations du gouvernement du Canada (le meilleur crédit au pays). Aujourd'hui, ce taux n'est que de 37 % », remarque Benoît Durocher, d'Addenda Capital.