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La progression de la Bourse a beau donner des vertiges à ceux qui craignent le retour de balancier, il reste encore du temps avant le ressac, selon Stéfane Marion et Martin Roberge, deux stratèges qui présentaient leurs perspectives pour l'année 2018, lors d’une conférence organisée par CFA Montréal, mercredi.



Martin Roberge, stratège et analyste quantitatif de Canaccord Genuity, appuie son opinion sur le synchronisme de la croissance économique mondiale. Nous serions dans une phase d'accélération synchronisée vers un sommet cyclique, selon lui. La question est de savoir à quel moment de ce cycle sommes-nous? «Je crois que nous sommes au milieu, ce qui veut dire que, comme Stéfane, je pense qu'on est encore loin de la fin du cycle.»

Même si les banques centrales dans les pays développés commencent à resserrer leurs politiques monétaires, elles sont en mode détente dans les pays émergents, souligne-t-il. Cela fait en sorte que la politique mondiale reste encore très accommodante.

Dans ce contexte, M. Roberge préfère les actions des pays émergents et des pays développés en Europe et en Asie. Il surpondère les commodités et sous-pondère les obligations et l'encaisse, a-t-il dévoilé devant un parterre de professionnels issus du milieu financier.

Stéfane Marion, stratège en chef de la Banque Nationale, pense, lui aussi, qu'il reste encore du temps avant la fin du cycle. En même temps, les perspectives pour les bénéfices des entreprises s'améliorent à travers le monde et les gouvernements recourent au déficit budgétaire pour stimuler l'économie. «Ça veut dire qu'on pourrait encore avoir des révisions des bénéfices à la hausse dans les prochains mois», a-t-il dit à la même tribune.

Il pense que l'économie américaine se trouve dans la dernière phase avant celle de la récession : la phase mature. Or, on ne se trouve qu'au début de cette phase tandis que les phases de reprise et d'expansion, qui précèdent, ont été particulièrement longues après la crise de 2008.

L'économiste note qu'il entend de plus en plus de gens anticiper la fin du cycle, car il n'y a pas eu de récession depuis 10 ans aux États-Unis et que le S&P 500 n'a pas corrigé de 5% depuis 400 jours. «Moi, je pense qu'on ne peut pas juger où l'on est dans le cycle, basé uniquement sur la durée. Je continue de croire que nous allons dépasser le cycle des années 1990 pour la durée. »