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La réforme de la fiscalité des PME proposée par le ministre des Finances n'aura un impact que sur les Canadiens gagnant des centaines de milliers de dollars par an, a assuré Justin Trudeau, jeudi, lors d'un entretien sur la station de radio AM1150.



Les contribuables doivent-ils croire leur gouvernement ou leurs amis et voisins qui gèrent de petites entreprises et se sentent lésés, lui a lancé d'entrée de jeu l'animateur radio.

«La première chose que nous avons faite était d'augmenter les taxes sur le 1% des personnes les plus riches et de les abaisser pour la classe moyenne», s'est défendu le Premier ministre, invoquant la continuité de cette approche dans le nouveau projet de réforme.

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«Ça fonctionne comme nous montre la croissance économique de ces deux dernières années», a-t-il souligné avant d'insister sur le fait que les personnes mieux nanties bénéficiaient de mesures pour abaisser leur taux d'imposition que les gens ordinaires n'ont pas.

«Nous prenons énormément de soin à vérifier que cela ne touchera pas les PME de la classe moyenne laborieuse», a assuré Justin Trudeau.

Et de préciser: «si vous gagnez 150 000$ par an ou moins, vous pouvez optimiser vos REER, utiliser un compte d'épargne non imposable. Le statut de société privée ne profite réellement qu'aux personnes disposant de centaines de milliers de dollars».

Les plaintes concernant la réforme fiscale proposée en juillet par Bill Morneau pleuvent apparemment. Mais il y a une vilaine fausse note dans le plaidoyer pour faire reculer Ottawa sur la réforme de la fiscalité.

D'ailleurs, le Premier ministre le répète à qui veut l'entendre: les réactions négatives de médecins, d'avocats, de commerçants et de ces autres Canadiens qui se sont constitués en sociétés afin de payer moins d'impôts n'empêcheront pas la refonte du système.

Système qui permet à des petits entrepreneurs et à des professionnels de fractionner leur revenu entre les membres de leur famille, même si ces proches ne jouent aucun rôle dans l'entreprise. Le plan du ministre fédéral des Finances entend limiter cette utilisation ainsi que les investissements passifs dans les actions ou l'immobilier ou la capacité de faire passer les revenus réguliers d'une entreprise en gains en capital, imposés moins lourdement.

Ottawa prévoit de récupérer 250 millions $ par année. Mais les mesures annoncées pour l'instant ouvrent peut-être une boîte de Pandore.