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Il est facile de comprendre l'attrait des actions à dividendes. Les paiements de dividendes peuvent aider les investisseurs à gérer des questions de comportement comme la réticence à réaliser des gains en capital pour répondre à un besoin de revenus, et leur donner le courage de faire face à la volatilité boursière.



Mais limiter strictement ses choix aux rendements en dividendes peut accroître le risque. Par exemple, les actions rapportant le plus pourraient connaître des difficultés financières, donc être plus à même de réduire leurs paiements de dividendes que leurs homologues aux dividendes plus modestes. De nombreuses actions à haut rendement versent une grande partie de leurs bénéfices en dividendes et laissent une marge de manœuvre minime pour assurer un coussin financier en cas de détérioration de leurs affaires.

Un rendement en dividendes élevé a l'air attrayant au premier abord, mais il est aussi important de se rappeler que le rendement en dividendes est un ratio : le paiement d'un dividende (numérateur) divisé par le prix de l'action (dénominateur). Le rendement en dividendes d'une société s'accroît quand le paiement d'un dividende (numérateur) est inchangé, mais le prix de l'action (dénominateur) baisse.

Méfiez-vous des mesures rétrospectives

Le FNB PowerShares High Yield Equity Dividend Achievers (PEY), qui cible les actions à rendement élevé, s'attache à réduire son risque en sélectionnant ses avoirs parmi les actions américaines qui ont augmenté leurs dividendes au cours des dix années écoulées au moins. Dans ce sous-ensemble, il sélectionne les 50 actions qui rapportent le plus et les pondère selon leur rendement mobile sur 12 mois. Le rendement en dividendes du fonds a été en moyenne de 5,3 % au cours de la décennie achevée en mai 2017, contre 2,3 % pour l'Indice Russell 1000. Bien que PEY ait affiché un rendement en dividendes attrayant, son rendement total n'a pas été à la hauteur de celui de l'Indice Russell 1000 depuis son lancement en janvier 2005.

En se fiant à une mesure rétrospective de durabilité des dividendes et en pondérant ses avoirs selon leur rendement, PEY a fait le plein de certaines des actions les plus payantes en termes de dividendes et les plus risquées au mauvais moment. Par exemple, pendant la période qui a précédé la crise financière, les actions bancaires n'ont cessé d'accroître leurs paiements de dividendes, et elles ont donc réussi à l'examen de durabilité des dividendes administré par PEY. À la fin de janvier 2008, la pondération de PEY dans le secteur financier s'élevait à 81 %, contre 19 % pour l'Indice Russell 1000. Et en pondérant ses avoirs selon leur rendement, PEY a affecté la plus grande partie de son portefeuille aux sociétés qui connaissaient les pires difficultés. PEY a donc eu beaucoup de mal au cours de la crise financière. Le fonds a perdu un total cumulé de 71,4 % d'octobre 2007 à mars 2009, contre 55,1 % pour l'Indice Russell 1000. Par la suite, PEY a modifié sa méthodologie de façon à plafonner les pondérations sectorielles à 25 % en novembre 2013. En raison de ces lacunes dans sa méthodologie indicielle, PEY se voit octroyer une cote Neutre des analystes Morningstar.

Ça va saigner

Le récent malaise du secteur énergétique permet d'illustrer les périls d'un investissement massif dans les actions à haut rendement pour les mauvaises raisons. À la différence de la crise financière, les effets négatifs de la baisse du prix de l'énergie ne sont pas allés contaminer d'autres secteurs du marché des actions. Le graphique ci-dessous montre les rendements en dividendes à la fois du FNB Energy Select Sector SPDR (XLE) et du FNB SPDR S&P 500 (SPY) au cours des 10 années achevées en mai 2017. XLE représente le secteur des actions énergétiques grande capitalisation membres du S&P 500.

Le rendement en dividendes de SPY a surpassé celui de XLE pendant la plus grande partie des 10 années écoulées. En octobre 2014, le prix du pétrole s'est effondré et le rendement indiqué de XLE a éclipsé celui de SPY. Le rendement en dividendes de XLE n'est pas allé plus haut parce que son dividende croissait à un rythme plus élevé, mais plutôt à cause d'une baisse des actions dans tous les avoirs de XLE. Le rendement en dividendes indiqué de XLE dépassant celui de SPY coïncidait avec la chute du prix au comptant du pétrole brut WTI, qui est passé de 107,95 $US le baril en juin 2014 à 80,53 $US en octobre 2014. À la fin octobre 2014, il se négociait à 85,69 $US le baril.

Parce que le prix du pétrole affecte les revenus de la plupart des sociétés énergétiques, le prix de XLE a baissé de 15 % pendant ces mois-là, alors que le prix au comptant du pétrole brut WTI dégringolait de 25 %. Voilà un exemple d'accroissement des rendements en dividendes d'un fonds à la suite d'une chute des cours plutôt qu'une augmentation des paiements de dividendes à un taux dépassant l'appréciation du cours de l'action. Le rendement en dividendes indiqué de XLE a connu un sommet en février 2016 à 4,3 %, alors que le prix au comptant du pétrole brut WTI touchait le fond à 26,19 $US le baril. Le même mois, ConocoPhillips (COP), un des 10 avoirs principaux de XLE, diminuait ses paiements de dividendes trimestriels de 0,74 $US à 0,25 $US l'action.

Un malheur ne vient jamais seul

Le FNB Global X SuperDividend US ETF (DIV) est celui parmi les fonds axés sur les dividendes qui a subi les plus grosses pertes pendant la baisse du secteur énergétique de juin 2014 à janvier 2016. Ce fonds a subi une baisse cumulée de 17,6 % au cours de ces 19 mois. En comparaison, l'Indice Russell 1000 n'a perdu que 3,5 %. Le rendement en dividendes moyen de ce fonds depuis sa création en mars 2013 a atteint 7,4 %, alors qu'au cours de la même période celui de l'indice Russell 1000 a été de 2,2 %. Où DIV s'est-il fourvoyé?

DIV piste un indice boursier équipondéré de 50 actions qui ont des rendements en dividendes plus élevés et des bêtas plus faibles que l'Indice S&P 500. Ce fonds commence par des actions dont le bêta est de 0,85 ou moins, qui versent des dividendes depuis au moins deux ans, et dont les paiements de dividendes actuels dépassent d'au moins 50 % ceux des années précédentes. Ensuite, il classe les actions par ordre décroissant de leurs rendements en dividendes, sélectionne les 50 meilleures, et les équipondère. Le fonds limite les pondérations sectorielles à 25 % du portefeuille. Il est reconstitué tous les ans et rééquilibré tous les trimestres. Même avec des plafonnements sectoriels en place, ce fonds est bourré d'actions relevant des services publics, de l'énergie, de la consommation défensive et de l'immobilier. Parce qu'il équipondère ses 50 avoirs, il penche vers les actions plus petites dont la capitalisation boursière moyenne est de 6 milliards de dollars américains (G$US).

Bien que ce fonds cherche des actions dont le rendement en dividendes a augmenté, il ne tient pas compte du facteur de durabilité. Depuis le lancement de DIV en mars 2013, son ratio de distribution, qui est le ratio des dividendes cumulés qu'il a versés par rapport au bénéfice net de ses avoirs, a été supérieur à 1 presque tous les mois. Une société qui distribue un dividende plus important que ses bénéfices déclarés risque de devoir diminuer ses distributions. Il se peut que ces firmes empruntent de l'argent pour arriver à effectuer leurs versements et qu'elles négligent leurs besoins de réinvestissement. Par conséquent, bien que le rendement en dividendes moyen de DIV de 7,4 fasse en apparence bonne figure, les versements de beaucoup de ses avoirs semblent impossibles à maintenir compte tenu que le ratio de distribution du fonds est supérieur à 1.

Visez le rendement total

Les investisseurs peuvent éviter le terrain miné des FNB axés sur les dividendes en comprenant comment ces fonds ciblent et pondèrent les actions à dividendes et cherchent à réduire les risques que comporte la détention de sociétés à haut rendement. La plupart des fonds ciblant les dividendes utilisent plusieurs des méthodes suivantes de réduction du risque :

1. Trier les actions selon leur rentabilité. Si une action est plus rentable, elle devrait pouvoir maintenir son dividende pendant un marché en baisse ou l'accroître dans l'avenir. Ces mesures comprennent habituellement le rendement du capital investi, la marge bénéficiaire nette, le ratio de distribution, la couverture des intérêts et les mesures attachées à la trésorerie.

2. Chercher un historique de paiements de dividendes. De nombreux indices d'actions à revenu filtrent les avoirs selon leur historique de versement de dividendes. Bien entendu, ces filtres sont rétrospectifs, mais cette mesure permet de s'assurer qu'une firme a depuis longtemps coutume de payer un dividende ou de l'augmenter, ce qui prouve qu'elle s'attache à restituer de l'argent aux actionnaires.

3. Pondérer selon la capitalisation boursière. Pondérer les actions selon leur capitalisation boursière fait pencher la balance vers des firmes plus grandes et plus stables. En revanche, pondérer les actions selon leur rendement ou les équipondérer peut faire pencher le portefeuille vers des actions plus petites, plus risquées et au dividende plus élevé, et sont plus susceptibles de réduire leurs dividendes.

4. Plafonner. Le plafonnement d'une seule action ou des pondérations sectorielles est une façon directe de réduire le risque. Malheureusement, beaucoup de ces plafonnements n'ont été appliqués qu'une fois que le mal a été fait.

Aucune de ces tactiques n'est un remède miracle. Il n'existe aucune méthode pour éviter des actions qui puissent supprimer carrément leurs dividendes. Cela dit, les fonds qui incorporent fructueusement ces méthodes de réduction du risque à leur processus peuvent offrir de meilleurs résultats aux investisseurs.