PLANÈTE FINANCE – Deux réformes majeures ont permis à la Grèce de retrouver le chemin de la rentabilité, mais beaucoup de travail reste à faire, selon le gouverneur de la banque centrale du pays, Yannis Stournaras.



En conférence devant The Economist First Insurance Forum, qui se tenait à Athènes, le gouverneur a souligné les efforts colossaux déployés par les politiciens depuis 2009 pour arriver à ce résultat.

« L'amélioration de notre solde primaire structurel au cours de la période 2009-2016 a atteint 17 points de pourcentage de [produit intérieur brut] potentiel, soit deux fois plus que les autres États membres sous l'Union européenne et le Fonds Monétaire International », a-t-il souligné.

Yannis Stournaras croit que la transformation menant à une croissance durable pour le pays n'est cependant pas complète.

Il identifie particulièrement le défi lié au régime grec de pension publique, tout en proposant que tous, employeurs, employés, et gouvernement, comprennent leur rôle et leurs responsabilités dans ce dossier.

« La sécurité financière de la retraite ne devrait pas et ne peut pas être fournie par une seule source: les fonds de sécurité sociale, les régimes de retraite parrainés par l'employeur et les économies personnelles devraient être considérés comme des éléments indispensables et complémentaires d'un seul système qui garantit son accessibilité financière, son adéquation et sa durabilité », a expliqué le gouverneur de la banque centrale grecque.

Depuis 2010, trois réformes majeures ont touché le régime public de pension, remontant l'âge d'admissibilité à la retraite hâtive à 60 ans et le nombre d'années de cotisation requise de 35 à 40 ans, entre autres. Yannis Stournaras est d'avis qu'une meilleure compréhension des rôles de chacun dans la retraite sera bénéfique pour le pays.

« Elle augmente la productivité de la main-d'œuvre, car elle constitue un moyen efficace de rémunération différée et, enfin, elle augmente les investissements totaux dans le pays en étant une alternative aux banques, et un moyen très efficace de financer l'économie réelle », a-t-il dit.

Le gouvernement grec n'a pas apprécié la sortie du gouverneur, un porte-parole officiel soulignant que la proposition promeut une vision plus extrême « que les plus fervents défendeurs du libéralisme américain », tel que rapporté par le quotidien Greek Reporter.

Pour le représentant gouvernemental, cette solution de réglementation du régime de pension public s'appuie sur une logique individualiste.