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PLANÈTE FINANCE - Emmerson Dambudzo Mnangagwa, le remplaçant du président Robert Mugabe, veut mettre fin à l'isolement économique du Zimbabwe en vendant des obligations pour reconstruire l'infrastructure et organiser des élections acceptables sur le plan international, selon un article de Bloomberg et du Financial Times.


L'homme qui a servi plus de 50 ans aux côtés de l'ancien président reste optimiste malgré son rôle clé dans l'ancien gouvernement qui a supervisé une économie qui a diminué de moitié depuis 2000 et a vu s'effondrer l'agriculture de son pays. À 75 ans, le président Mnangagwa pense pouvoir gagner le soutien des prêteurs sur les marchés financiers internationaux.

« Nous avons vraiment besoin d'un investissement substantiel dans l'économie productive », a déclaré le nouveau président du Zimbabwe lors d'une entrevue jeudi à Harare, la capitale, cité dans l'article de Bloomberg.

Malgré sa prise de pouvoir par coup d'État et la répression militaire contre les soi-disant dissidents dans les années 1980 qui a entraîné la mort de 20 000 civils de la minorité ethnique Ndebele, le président Mnangagwa veut tirer un trait sur les erreurs du passé. Il compte bien reconstruire son pays avec l'aide des citoyens : « la voix du peuple, comme je le dis, c'est la voix de dieu », affirme-t-il.

Situation du Zimbabwe

Le Zimbabwe est dans une situation économique désastreuse avec un taux de chômage de 90% et une pénurie de liquidités telle que certaines personnes dorment près des banques dans les rues de Harare pour s'assurer de pouvoir effectuer des retraits limités, dont la limite est de 40 dollars par semaine.

Cette situation est le résultat des sanctions des pays occidentaux qui ont mené à une hyperinflation et au retrait des lignes de crédit des prêteurs internationaux. Ces sanctions ont été prises à la suite du programme de redistribution des terres aux Zimbabwéens noirs dépossédés pendant la domination coloniale qui a réduit les exportations et après plusieurs élections entachées de violences et d'irrégularités.

Pour inverser la situation, le président Mnangagwa compte indemniser les fermiers blancs qui ont été dépossédés de leurs terres, valant plusieurs milliards de dollars. « Nous étions une colonie où notre territoire a été pris par les colonisateurs et nous avons fait la guerre pour inverser cette situation. La réforme était une nécessité, affirme-t-il. C'est maintenant derrière nous. »

Le président invite tous les Zimbabwéens et les fermiers blancs qui ont perdu leurs biens à participer à la relance de l'industrie. Pendant ce temps, selon les dires du président Mnangagwa, le gouvernement est déjà en pourparlers avec des prêteurs internationaux tels que le Fonds monétaire international à propos du paiement des arriérés, de la restauration des lignes de crédit et de la vente des obligations.